Après une pas bonne nuit de sommeil de 1 h 00 à 5 h 00, je me suis levée, tant bien que mal (mais surtout mal) et j’ai pris une douche. Étant donné mon état second de fatigue avancée, j’ai pris une vraiment longue douche durant laquelle j’oubliais pourquoi j’étais debout dans le bain, la bouche ouverte, les yeux fermés, à me dire « tu vas vraiment être en retard, déniaise ».
J’ai trotté, de la douche au café, en prenant plus de temps qu’il ne m’est alloué dans ma routine serrée du matin. Donc après plusieurs « Coudonc, déniaise donc, bâtard » j’étais prête à être en retard au travail, puisque j’en étais à 20 minutes de niaisage au-dessus de la normale et que je n’avais pas encore fait réchauffé la petite Tercel en ce matin de moins vingt-et-frette degré celsius.
Résignée, j’ai mis mon manteau, mon foulard et mes gants. J’ai pris ma saccoche, mon sac de travail et un sac de poubelle à jetter en passant dehors. Avec ce qui me restait de mains, j’ai débarré la porte et je l’ai…
…
Wéyons…
-… Coudonc j’ai tu débarré la porte?
-…
- C’est comment donc, qu’elle est, la porte, quand elle est débarrée? Me semble c’est la pinouche en haut? Mais, là…la pinouche est en haut…
Bon… là, je suis toute seule à la maison, avec le chat qui me regarde avec le même air que j’avais sous la douche.
J’ai analysé la situation et, après quelques minutes de délibérations, j’en suis venue à la conclusion que j’avais bel et bien débarré la porte. Donc, pour cette étape-là, on peut parler d’une réussite. Merci.
Sauf que la porte ouvre pas. Faque là?
Faque je suis debout, devant la porte, avec mon manteau, mes bottes, mon foulard et mes gants et mes trois sacs encore dans les mains.
-euuuuuh.
Et là j’y pris une pause, pendant laquelle je me suis imaginée actrice dans Saw XIV et je m’attendais à un coup de téléphone imminent de Jigsaw pour me dire que, entre moi et mon chat, celui qui scalperait l’autre et lui arracherait toutes les dents en premier pourrait sortir de l’appartement vivant.
Prise d’une petite panique, mais ne voulant pas que ça paraîsse (les animaux sentent la peur, c’est bien connu. Ça aurait donné à minou un avantage que je ne pouvais pas me permettre) j’ai essayé de sortir par la porte patio.
…
Barrée aussi, même quand je la débarre… Jigsaw a pensé à tout…Moi je comprends pu rien.
-Là, chu vraiment en retard au travail pis le chat commence à me rendre nerveuse… et s’il m’attaquait de dos?… Je sais qu’il est plus fort que moi, j’ai aucune chance.
Mais là mon instinct de combattante a pris le dessus : J’ai enlevé mes gants et mon manteau, j’ai serré mes doigts contre la poignée de porte et j’ai tiré, tiré, TIRÉÉÉÉÉÉ.
…fow,fow…
Ça n’a pas ouvert la porte.
J’ai ravalé un petit trémolo et j’ai recommencé, cette fois, en mettant mon pied contre le cadre de porte, un peu à la manière de Charlie Chaplin dans un slapstick, sauf que là, on est en couleur.
Pis la porte s’est ouverte!! Et je suis sortie en courant sans mon manteau, à moins vingt-et-frette degré celsius, puis retournée à l’intérieur (maso) pour prendre mon manteau. Mais j’ai laissé la porte ouverte (maso, mais pas suicidaire).
Kin din dents, Jigsaw!