On ne choisi pas sa famille. On choisi nos amis. Et nos amis nous choisissent… ou pas.
Des situations se présentent, des modes de vie changent.
On essaie de combler des vides.
Il y a plusieurs façon d’y parvenir, ou du moins, d’essayer d’y parvenir.
Elle a choisi de remplir les vides par n’importe quoi. TOUS les vides.
Son mari est mort : elle a pris l’alcool.
Ses filles sont parties : elle a rempli leur chambre avec des meubles. Des meubles jusqu’au plafond, empilés, tristement, sur de minces souvenirs.
Quand sa fille a accouché, la condition pour lui permettre de se remplir de bonheur par la présence de sa petit-fille était d’arrêter la bouteille.
Pour combler ce nouveau vide, elle a commencé à prendre des médicaments.
Elle a commencé par les prescriptions d’un médecin, et puis deux, et puis trop.
Mais le vide était encore là. Bien gros.
Dans l’énième espoir vain de banir le vide, elle a acquis une machine qui lui tient compagnie dans son sommeil.
Qui pousse à pleine capacité de l’oxygène dans ses poumons.
Tout le monde comble un vide. Que ce soit par l’alcool, les pillules, une balle de revolver dans la bouche, l’air qu’on respire ou les hommes qu’on embrasse.